DSP2 e-commerce : 7 bonnes pratiques pour préserver votre taux de conversion

Héloïse Torreani
Mis à jour le 19 janvier 2026 par Héloïse Torreani
Temps de lecture : 4 minutes

La DSP2 a profondément modifié les règles du paiement en ligne. En renforçant les exigences de sécurité, elle a aussi introduit de nouvelles frictions dans les parcours d’achat e-commerce. Or, 18 % des acheteurs abandonnent leur panier en raison d’un processus de paiement jugé trop long ou trop complexe (Source : Shopify). Pour les commerçants en ligne, l’enjeu est de taille : comment se conformer à la DSP2 et à l’authentification forte sans impacter négativement le taux de conversion ?

Dans cet article, Payplug vous explique les enjeux de la DSP2 pour les e-commerçants, et vous donne 7 techniques pour préserver votre taux de conversion.

DSP2 : définition, objectifs et impacts pour les e-commerçants

La Directive sur les Services de Paiement 2 (DSP2) est une réglementation européenne dont l’objectif est de renforcer la sécurité des paiements électroniques et de mieux protéger les consommateurs. Elle s’applique à l’ensemble des paiements réalisés au sein de l’Espace économique européen. Elle est entrée en application en France au printemps 2021.

La DSP 2 marque un changement de paradigme majeur : l’authentification n’est plus à l’initiative du marchand, mais de la banque du client, qui devient décisionnaire.

Les objectifs de la DSP2

La DSP2 cherche à réduire la fraude aux paiements en ligne. Avant son entrée en vigueur, celle-ci était 20 fois plus élevée en e-commerce que dans les commerces physiques (Source : France Num).

Elle vise également à :

  • Renforcer la protection des consommateurs en réduisant leur reste à charge en cas de fraude ;
  • Harmoniser les règles de paiement à l’échelle européenne ;
  • Favoriser l’innovation dans les services de paiement.

Pour atteindre ces objectifs, la directive impose la mise en place de l’authentification forte du client (Strong Customer Authentication – SCA).

Impact de la DSP2 sur le paiement et la conversion e-commerce

La DSP2 a entraîné des conséquences pour les entreprises d’e-commerce comme :

  • Une augmentation du volume de transactions devant être authentifiées  ;
  • Une complexification du parcours de paiement, source potentielle de friction ;
  • Un risque de baisse du chiffre d’affaires si l’authentification est mal maîtrisée (rejets de paiement, abandon de paniers).

Authentification forte et protocole 3D Secure

Le protocole 3D Secure (3DS) est le principal mécanisme utilisé pour mettre en œuvre l’authentification forte voulue par la DSP2. Il permet à la banque émettrice de vérifier l’identité du porteur avant d’autoriser la transaction.

L’authentification forte repose sur l’utilisation d’au moins deux des trois facteurs suivants :

  • Connaissance : quelque chose que le client connaît (mot de passe, code) ;
  • Possession : quelque chose que le client possède (smartphone, application bancaire, token) ;
  • Inhérence : quelque chose que le client est (empreinte digitale, reconnaissance faciale).

Deux versions du protocole coexistent aujourd’hui : 3D Secure 1 et 3D Secure 2.

La différence entre 3D Secure 1 et 3D Secure 2

Le 3DS 1 repose sur des éléments d’authentification statiques (une série de codes remis à l’avance, la réponse à une question, un SMS envoyé par la banque). Elle nécessite une redirection systématique vers la page de la banque, ce qui entraîne souvent une rupture du parcours client.

Le 3DS 2 s’appuie sur un échange de données enrichies permettant :

  • D’autoriser certaines transactions sans intervention du client (parcours frictionless) ;
  • De déclencher un challenge dynamique uniquement en cas de risque.

Pour les e-commerçants, migrer vers le 3DS 2 est un levier clé pour préserver la conversion, améliorer l’expérience utilisateur et renforcer la sécurité. 

Exemptions DSP2 : ces situations où l’authentification forte n’est pas obligatoire

La DSP2 prévoit des exemptions à l’authentification forte pour les paiements :

  • Hors Union européenne (émetteur de la carte ou marchand) ;
  • Effectués avec une carte d’entreprise ;
  • Récurrents (abonnements par exemple) ;
  • Chez les commerçants placés sur une liste blanche par le client auprès de sa banque ;
  • Inférieur à 30 euros sous conditions (montant cumulé ou nombre de transactions).

Soft decline, hard decline : un enjeu clé pour le chiffre d’affaires

Sans authentification forte conforme, une transaction peut être refusée selon deux mécanismes :

  • Hard decline : refus définitif du paiement ;
  • Soft decline : refus temporaire permettant une nouvelle tentative avec authentification forte.

Le soft decline est devenu la norme. Cependant il se transforme encore en hard decline dans 74 % des cas, ce qui entraîne une perte directe de chiffre d’affaires. Dans les 26 % restants, la transaction est relancée via un mécanisme de retry avec authentification 3DS et peut être acceptée.

Sept stratégies pour garantir un parcours d’achat fluide et sécurisé conforme à la DSP2 

Voici sept bonnes pratiques qui vous permettront de maintenir un taux de conversion élevé sans compromettre la sécurité des paiements en ligne

N° 1 : Exploitez les exemptions prévues par la DSP2

Les exemptions permettent de contourner légalement l’étape du challenge et de valider les règlements plus rapidement. Vous devez les prévoir dans votre système de paiement. 

N° 2 : Passez au 3DS 2 pour limiter l’abandon de panier

Le 3DS 2 améliore l’expérience client. Il redirige notamment le maximum de transactions vers un parcours sans friction (frictionless). Si l’analyse des données en temps réel montre que le risque est faible, le paiement doit être validé sans intervention de l’acheteur afin d’éviter l’abandon de panier.

Le 3DS 2 procure en plus une expérience optimale sur mobile. Un atout indiscutable quand on sait que 74 % des transactions e-commerce sont effectuées depuis un smartphone (Source FEVAD).

N° 3 : Exploitez intelligemment les données 

Les données (comportement du visiteur, appareil utilisé, risque de fraude) vous aident à affiner l’évaluation des risques et de réduire le nombre de fois où le client est soumis à un challenge.

N° 4 : Optimisez en continu votre taux d’acceptation

Les parcours d’authentification et les stratégies d’exemption doivent être testés et optimisés en permanence. Le testing, l’évaluation et l’adoption de nouvelles méthodes permettent de s’adapter aux évolutions des banques émettrices et d’assurer le meilleur taux d’acceptation possible.

N° 5 : Choisissez un prestataire de solution de paiement fiable 

Votre prestataire de solution de paiement (PSP) doit être capable d’orchestrer automatiquement la sécurité, les exemptions et les flux de paiement. Par exemple, Payplug affiche un taux d’acceptation de 96 % grâce à son système Smart 3D Secure, qui adapte le déclenchement de l’authentification selon le niveau de risque défini.

N° 6 : Suivez les bons KPI

Mesurez le succès de votre stratégie en analysant au quotidien plusieurs KPI comme :

  • Le taux d’acceptation global ;
  • Le taux de soft decline et de hard decline ;
  • Le taux de frictionless (paiements réussis sans intervention du client) ;
  • Le taux de fraude.

Cette analyse vous permettra d’identifier et de corriger immédiatement les goulots d’étranglement.

N° 7 : Communiquez auprès de vos clients

Anticiper est la clé pour améliorer l’expérience client. Informez clairement les acheteurs des nouvelles étapes d’authentification qu’ils pourraient rencontrer. Expliquez le processus (réception d’un code SMS, validation via l’application bancaire) afin de réduire l’anxiété et les risques d’abandon liés à la mise en œuvre du challenge.

DSP3 : quelles évolutions à anticiper dès aujourd’hui ? 

La DSP3, en cours de préparation au niveau européen, devrait entrer en vigueur en 2026. Elle prévoit de :

  • Corriger certaines limites observées depuis l’application de la DSP2 ;
  • Renforcer encore la lutte contre la fraude ;
  • Intégrer de nouveaux usages liés à l’open finance.

Si la majorité des évolutions ne sont pas encore connues, la DPS3 s’intéresse en particulier aux paiements différés et aux cryptomonnaies.

En résumé sur la DSP2 

La DSP2 a profondément transformé les paiements en ligne en imposant l’authentification forte comme nouveau standard de sécurité. Cette évolution permet de mieux lutter contre la fraude et de renforcer la protection des consommateurs. Mais elle représente également un défi majeur pour les e-commerçants, en raison des frictions qu’elle peut introduire dans le parcours d’achat.

Vous souhaitez rester conforme à la DSP2 sans sacrifier votre taux de conversion ?

Les équipes de Payplug vous accompagnent avec des solutions de paiement intelligentes, conformes et pensées pour la performance e-commerce.

Foire aux questions

La DSP2 (Directive sur les Services de Paiement 2) est une réglementation européenne entrée en application en 2021. Elle a pour objectif de renforcer la sécurité des paiements électroniques, de mieux protéger les consommateurs et d’harmoniser les règles au sein de l’Union européenne.

Pour les e-commerçants, la DSP2 introduit l’obligation d’authentification forte du client pour une grande partie des transactions en ligne. Elle modifie aussi la répartition des responsabilités entre les marchands, les prestataires de services de paiement et les banques émettrices. Les établissements bancaires deviennent décisionnaires en matière d’authentification.

La sécurité renforcée en DSP2 repose sur le principe de l’authentification forte du client, aussi appelée SCA (Strong Customer Authentication). Cette authentification vise à vérifier que le payeur est bien le titulaire du moyen de paiement utilisé.

Elle s’appuie sur l’utilisation d’au moins deux facteurs d’authentification indépendants parmi les trois suivants :

    • Un facteur de connaissance (mot de passe, code) ;

    • Un facteur de possession (smartphone, application bancaire, token) ;

    • Un facteur d’inhérence (empreinte digitale, reconnaissance faciale).

Dans la pratique, cette sécurité renforcée est le plus souvent mise en œuvre via le protocole 3D Secure. Sa version la plus récente, le 3DS 2, permet d’adapter le niveau de sécurité au risque de la transaction et d’éviter des frictions inutiles dans le parcours d’achat.

La DSP2 s’applique à la majorité des services de paiement électronique qui opèrent dans l’Espace économique européen. Sont concernés :

    • Les paiements par carte bancaire en ligne ;

    • Les virements et prélèvements électroniques ;

    • Les paiements initiés par le client ;

    • Les services proposés par les prestataires de services de paiement (PSP).

Certaines opérations peuvent toutefois bénéficier d’exemptions, comme les règlements de faible montant, les paiements récurrents ou les transactions qui présentent un faible niveau de risque. Néanmoins, la DSP2 concerne directement la grande majorité des e-commerçants, dès lors qu’ils acceptent des paiements électroniques pour vendre leurs produits ou services en ligne.

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